JE VEUX FAIRE DU CINÉMA
le métier d'assistant opérateur
Interview de Steve Moreau

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Pourquoi réaliser le "teaser" d'un long-métrage qui n'existe pas?

Pour la principale raison : essayer de rencontrer des producteurs et des distributeurs de films. Cela fait maintenant 5 ans que je travaille dans le cinéma et j'ai eu la chance de rencontrer beaucoup de personnes durant ces années. Mon expérience à la caméra m'a amené à connaître essentiellement des techniciens et des ouvriers, mais malheureusement mon parcours parallèle de producteur-réalisateur m'a conduit à ne rencontrer pratiquement aucun producteur ni absolument aucun distributeur français.

Pourtant avec vos trois courts-métrages, vous avez sillonné de nombreux festivals?

Oui. Aujourd'hui avec R.I.P., Mind et Eternity j'en suis à 70 festivals dans le monde, 850 passages télé en France et de nombreuses premières parties de films. Mind a été acheté par Gaumont et a obtenu 200 copies en France. Eternity a été projeté à la Cinémathèque (Egypatian Theatre) de Los Angeles ainsi qu'à Santa Monica. Les trois films ont été projetés à la Los Angeles Film School, ils seront à la New York School Visual of Arts en septembre 2002 ainsi qu'au festival indépendant de New York. Lors de mes nombreux déplacements dans les festivals et surtout à Los Angeles (j'y suis allé 6 fois en moins de deux ans), j'ai trouvé un distributeur américain qui, après avoir apprécié mes films, a décidé de les représenter dans le monde entier hors Europe. Suite à cela R.I.P. a obtenu un prix d'Unifrance de la copie sous-titrée ainsi que les travaux vidéo grâce à son succès aux U.S.A. Je me suouviens avoir présenté R.I.P. à Las Vegas sans sous-titre, et il y a tout de même beaucoup de dialogues dans les films, et les américains ont très bien compris le film, idem dans d'autres Etats comme le Mississipi, la Géorgie et la Californie. Cela m'a incroyablement étonné. R.I.P. a aussi été projeté en France, au Cinéma Le Cinéalternative et aux Saisons du court et les deux autres films au Club Fujifilm et au Cinéma LMe Balzac dans le cadre "Nuit du Film de Sciences PO".

Après ses multiples expériences dans les festivals quelle conclusion tirez-vous?

J'en conclus que la seule chose qui peut attirer l'attention d'un producteur dans un festival est de gagner un prix. Malheureusement je n'en ai jamais gagné un seul. Mes trois films ont été sélectionnés à la prime à la qualité du CNC que je n'ai jamais gagné. Je ne dis pas cela pour moi car cela ne m'intéresse pas plus que cela, mais je vois que c'est l'unique raison qui intéresse une grande partie des gens. Pour preuve l'unique chose que souhaitait mon co-producteur d'Eternity, c'était de gagner un prix. Une autre raison est que j'entends autour de moi que certains réalisateurs ayant gnagé un prix à Clermont-Ferrand reçoivent plein de coups de téléphone de producteurs le lendemain. Moi je pense que l'on ne juge pas un film par un prix mais par l'émotion qu'il procure à chacun d'entre nous. La rencontre doit être plus forte que le reste. Un film doit rester absolument une rencontre entre des hommes qui croient dans un même projet.

Quel producteur aimeriez-vous rencontrer?

Ceux qui aiment le cinéma. Mais mon héros en France est Jacques Perrin. Je l'admire tellement. Son humanité, son talent et son intelligence sont dans chacun de ses films. Chaque film est une prise de risque énorme et il est là, il continue de faire des films pour nous les Hommes. Lorsque je vois un type qui décide de faire un film d'une heure trente sur des oiseaux et qui arrive à trouver un budget énorme, cinq ans de préparation, trois ans de tournage, avec des équipes un peu partout dans le monde, cela me regonfle les poumons et me donne une énergie monstrueuse. Voilà le genre de challenge qui me fait rêver et me remplit intérieurement. Moi mon unique ambition est d'essayer d'aller dans la direction des gens comme Perrin, qui font le maximum pour que le cinéma aille vers le haut et non le contraire. je ne veux pas devenir réalisateur pour devenir réalisateur. Ca je m'en fou totalement. Non je veux donner le maximum de moi-même afin que chaque technicien, chaque comédien et chaque ouvrier ait envie de se dépasser. C'est dans cette direction que je veux emmener The Earth. Me dépasser et avancer professionnellement et humainement.

De quoi parle votre film?

The Earth parle essentiellement de création. Il tente une approche des hommes, des femmes, du monde, du cinéma, du son, des images et de la musique. Il parle des créateurs que nous sommes tous et qui créeont chaque jour.

Comment s'est déroulé le tournage du "teaser"?

J'ai réuni toutes mes économies de "The Transporter" et je suis allé voir les prestataires qui m'ont toujours aidé depuis mes débuts. Technovision-France, la laboratoire Eclair, Fujifilm. C'est grâce à Natasha Chroscicki, Olivier Chiavassa, Christophe Zimmerlin et Annick Mullatier - qui m'ont toujours encouragé - que j'ai pu produire et réaliser trosi courts-métrages ainsi que mon teaser. Ce qui est plaisant à mon stade c'est que les rapports sont sincères. Vu ma petite taille on ne parle que d'une chose essentielle : LE FILM. Ils me soutiennent parce qu'ils ont envie de me soutenir. Point final. Ensuite j'ai proposé le projet à ma petite équipe technique et tous ont accepté immédiatement. Fabrice Donnio et Alexandra Roberts comédiens, Marianne Roussy au son, Dany Plaud au montage son, Loic Moniotte au mixage. Sont venus se rajouter au projet Thierry Delobel de chez Duboi, François des 3 Arts ainsi que l'aide précieuse de mon ami Dominique Delguste. Marianne et moi-même avons fait le tournage seulement tous les deux. Elle s'occupait du son et moi-même de l'image. En dix jours, nous avons sillonné 5300km en France et essayé de ramener les images les plus belles qui soient. Au final, le "teaser" fait deux minutes, en scope et 6 canaux(5.1).

Vous voulez dire que vous avez effectué le tournage à deux?

Oui, exactement. Tout d'abord cela faisait partie du projet dès le départ. Ce qui me motive en tant qu'homme et j'espère futur cinéaste est tant le travail que l'aventure humaine. Réaliser un film est une sensation unique. Mais quand vous pouvez le faire en plus avec des gens que vous aimez c'est génial. L'aventure que nous avons vécu tous les deux fut vraiment magique et reste un très très beau moment personnel outre le résultat du "teaser". mais nous avons réussi à accomplir ceci grâce à nos expériences des plateaux avec les autres techniciens. Marianne en tant que "Perchwoman" et ingénieur du son et moi-même en tant qu'assistant vidéo, second assistant-opérateur, premier assistant-opérateur et cadreur sur mes films. J'ai aussi fait la lumière grâce aux conseils d'amis. Sans cet apprentissage jamais je n'aurais pu faire mes films et cette bande annonce en cumulant autant de fonctions. Le tournage fut éprouvant physiquement, mais cela me permet de montrer aux gens combien j'ai envie de réaliser ce film et combien j'aime le cinéma.

Avez-vous organisé une projecion pour le "teaser"?

Oui, une projection aura lieu le jeudi 12 septembre 2002 à 17h00 heures précises au Planet Hollywood sur les Champs Elysées. Il y aura le "teaser" et mes trois courts-métrages. j'ai invité de nombreux producteurs, distributeurs, fournisseurs et des copains techniciens que j'estime. Tout cela en espérant que cela donne envie de lire le scénario, de mieux me connaître et peut-être de me donner ma chance. J'essaie de communiquer à travers cette projection. je suis ouvert à toute proposition et j'attends avec impatience des remarques pertinentes afin que je puisse progresser, apprendre et surtout conitnuer de réaliser des films.

 

Propos recueillis par Idefonse Troxler pour le site internet www.tournages-lesite.com

(septembre 2002)

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